Étude comparative de méthodes de rétractation de la désinformation en analyse appliquée du comportement

Équipe

Samuel Haworth, chercheur principal, Université de Saint-Boniface

Geneviève Roy-Wsiaki, directrice, Université de Saint-Boniface

Annabel Levesque, codirectrice, Université de Saint-Boniface

Objectifs

Le projet visait à examiner l’efficacité comparative de différentes stratégies de rétractation de la désinformation en analyse appliquée du comportement (AAC), dans le cadre de l’effet d’influence continue (EIC). Plus précisément, l’étude comparait trois conditions — absence de rétractation (témoin), rétractation seule et rétractation accompagnée d’une explication alternative — afin de déterminer lesquelles permettent de réduire la persistance de la désinformation. Treize personnes étudiantes universitaires ont été réparties aléatoirement dans ces conditions, ont lu un texte contenant une information erronée, puis ont complété un questionnaire à deux temps de mesure (immédiat et différé).

Sommaire des résultats

Les résultats n’ont montré aucune différence significative entre les conditions quant à la rétention de la désinformation, ni quant à la capacité des participantes et participants à intégrer la rétractation. Contrairement aux hypothèses initiales et à certaines études antérieures, la rétractation accompagnée d’une explication alternative ne s’est pas révélée plus efficace que la rétractation seule ou l’absence de rétractation. Par ailleurs, aucune interaction significative entre le type de rétractation et le temps de mesure n’a été observée, suggérant que les effets des différentes stratégies ne variaient pas de manière significative entre le test immédiat et le test différé.

Les résultats montrent toutefois que les participantes et participants retenaient moins bien les informations factuelles après un certain délai, ce qui correspond à un oubli normal avec le temps. Certaines différences entre les groupes suggèrent aussi que la façon dont l’information est présentée peut influencer la quantité d’information que les personnes arrivent à retenir. Enfin, certaines tendances observées — comme une augmentation de la désinformation dans le groupe ayant reçu une explication alternative — laissent penser que trop d’information ou des explications complexes pourraient parfois nuire à la compréhension.

Dans l’ensemble, ces résultats s’inscrivent dans la littérature sur la robustesse de l’effet d’influence continue. Des recherches futures devraient reposer sur un échantillon plus large afin d’augmenter la puissance statistique, et examiner plus en détail le rôle des connaissances préalables — notamment celles liées à l’AAC — ainsi que l’effet de la charge cognitive sur la rétention et la correction de la désinformation. Il serait également pertinent de mener ce type d’étude dans des contextes plus écologiques, par exemple à partir de contenus issus de forums en ligne ou de médias sociaux, afin de mieux refléter les conditions réelles d’exposition à la désinformation.