Exploration des perspectives et des expériences relatives à l’ABA auprès de francophones du Manitoba et du Québec
Équipe
Emilie Lévesque, chercheure principale, Université de Saint-Boniface
Geneviève Roy-Wsiaki, directrice, Université de Saint-Boniface
Objectifs
Le projet visait à mieux comprendre les perceptions et les expériences liées à l’analyse appliquée du comportement (AAC) chez des francophones au Canada, plus particulièrement des parents d’enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) et des adultes ayant un TSA, au Manitoba et au Québec. À partir d’entrevues semi-dirigées, l’étude a exploré les facteurs influençant la prise de décision quant aux interventions, les sources d’information utilisées, ainsi que les barrières linguistiques, systémiques et d’accès aux services dans des contextes francophones minoritaire et majoritaire.
Sommaire des résultats
Les résultats ont fait ressortir quatre constats principaux. D’abord, les perceptions de l’AAC sont majoritairement négatives ou mitigées, souvent influencées par la désinformation, les témoignages informels et une image historique des pratiques perçues comme punitives ou inadaptées. Cette situation contribue à une confusion importante quant aux standards actuels de pratique et à la distinction entre différentes approches comportementales. Ensuite, les expériences directes de l’AAC apparaissent plus nuancées que les perceptions indirectes : certaines personnes rapportent des effets positifs, notamment en matière d’autonomie, tandis que d’autres décrivent des expériences mitigées, soulignant des limites dans l’application ou l’adaptation des interventions.
Par ailleurs, l’étude met en lumière des défis d’accès significatifs, communs aux deux provinces, incluant les longues listes d’attente, le manque de spécialistes, les coûts élevés des services et, dans certains contextes, des barrières linguistiques importantes. Ces enjeux sont particulièrement marqués en milieu francophone minoritaire, où l’accès à des services et à de l’information en français demeure limité. Enfin, ces obstacles s’accompagnent d’une charge émotionnelle importante pour les personnes ayant un TSA et leur famille, qui doivent naviguer des systèmes complexes tout en assumant souvent un rôle accru dans la gestion des interventions.
Dans l’ensemble, les résultats soulignent la nécessité d’améliorer l’accès à une information fiable et accessible en français, de clarifier les pratiques et standards en AAC, et de renforcer les mécanismes d’accompagnement afin de soutenir des décisions éclairées et adaptées aux besoins des personnes concernées.